Dans cette série d'articles, un Entrepreneur émérite, James R. Cook partagera avec nous son expérience des débuts difficiles du créateur. Tout créateut d'entreprise est passé par ces moments sombres d'angoisse et d'espoir au lancement de leur projet. Les premiers pas à poser pour réussir le démarrage ne s'apprennent que grâce à l'expérience des anciens. Ne ratez aucun des articles de cette série des démarrages de l'entreprise nouvelle.
L'EXPERIENCE DE JAMES R COOK et JAY ANDERSON: "LES DEMARRAGES SONT TOUJOURS DURS"
Parallèlement, mon associé, Jay, se débattait avec le deuxième aspect de notre franchise – l’eau en bouteille. Le franchiseur avait prévu que nous installions une usine de conditionnement d’eau dans une laiterie de Miami. Notre eau, vu son prix compétitif et son emballage en carton, devait rapidement prendre une place prédominante sur le marché.
Après quelques mois de délais pour obtenir l’équipement nécessaire, nous fûmes mortifiés de constater que nos emballages fuyaient. Lorsque les Services de Santé de Floride vinrent inspecter notre usine de conditionnement d’eau, ils nous refusèrent l’autorisation de lancer notre production parce que nous étions installés dans une laiterie. Ceci mettait un terme à l’une des branches de notre affaire. A l’époque, ce refus nous parut être une terrible injustice. Bien évidemment, notre franchiseur nous assurera qu’il allait attaquer en justice tous ceux qui nous avaient mis des bâtons dans les roues. Une simple demande d’autorisation de leur part quelques mois avant notre arrivée nous aurait permis d’économiser du temps et de l’argent.
Etant donné que les restaurateurs ne semblaient pas mordre à nos épurateurs d’eau, nous décidâmes de nous tourner vers les résidences et les immeubles de la plage et du Nord de Miami. L’appareil pour restaurant fut rebaptisé appareil pour appartement. Jour après jour, je tentai de me frayer un chemin à travers le dédale des résidences du comté de Dale. Notre objectif était de louer nos appareils au mois. Ils seraient installés au centre de l’immeuble et chaque occupant aurait le loisir de venir tirer l’eau qui lui serait nécessaire. Notre progression sur le marché fut de zéro. Des centaines de résidences refusèrent.
Un inspecteur de la Santé publique nous avait signalé que les chevaux de course buvaient de l’eau en bouteille. De toute évidence, certains entraîneurs préfèrent abreuver leurs pensionnaires avec l’eau de la ville. Mon associé prit rendez-vous avec des entraîneurs et au bout de quelques jours, nous avions une commande.
Les semaines qui suivirent nous virent passer de paddock en champ de course, et d’écurie en pesage entourés de lads et de jockeys.
En deux mois, nous avions installé en tout et pour tout trois appareils à trente dollars pièce. La fourniture de quelques appareils supplémentaires fut retardée par de regrettables délais de livraison, alors que la saison hippique allait se terminer et que notre maigre capital de départ commençait à s’amenuiser. Cependant, nous regardions l’avenir avec un peu moins de pessimisme.
De toute évidence, nous avions du mal à pénétrer le marché des meubles et des résidences. Avec le temps, nous étions parvenus à faire quelques percées dans certains immeubles du Nord de Miami où l’eau était particulièrement mauvaise. Après d’interminables délais et de plates excuses, notre franchiseur finit par nous livrer plusieurs appareils. Hélas, ils étaient défectueux ce qui nous causa une foule d’ennuis.
Les appareils comportaient un bouton destiné à faire couler l’eau purifiée par un robinet sous lequel l’utilisateur plaçait un récipient. Sur ces premiers appareils, le jet était dirigé de telle sorte que le client le prenait en pleine poitrine.
Presque immédiatement après leur installation, les appareils se mirent à rouiller et prendre un aspect désagréable à l’œil, tandis que le sol se recouvrait peu à peu de taches orangeâtres.
Un beau jour, l’un des locataires regarda au fond de son récipient et y remarqua la présence de milliers de minuscules poussières noires. Le franchiseur avait omis de placer un filtre devant les réservoirs de carbone qui assuraient le filtrage de l’eau, ce qui expliquait la présence de ces particules de carbone, au demeurant inoffensives, mais fort peu appétissantes.
Pire encore était ce goût de poisson qui se glissait sournoisement dans notre eau et était dû à l’usure des cartouches de régénération. Ces caissons étaient remplis de résines qui éliminaient l’excès de sels minéraux. Malheureusement le franchiseur employait un mauvais mélange de résines et les caissons, une fois hors d’usage, donnaient une saveur acide à l’eau.
Dès les premières plaintes, nous nous rendîmes sur place pour constater par nous-mêmes de l’étendue des dégâts. Un dimanche matin, un client nous appela, complètement paniqué : il avait utilisé notre eau pour faire cuire un poulet et la volaille était devenue toute noire. Nous fonçâmes chez lui afin de le calmer et changer son réservoir défaillant.
Psychologiquement, ces problèmes incessants étaient éreintants. La faible pénétration du marché que nous avions réalisée se trouvait érodée par des difficultés devant lesquelles nous étions impuissants. Il devenait évident que notre franchiseur ne connaissait rien au traitement de l’eau. Ces appareils défectueux suscitaient un flot continu de réclamations qui minaient tous nos efforts et nous perturbaient considérablement. Poussé par la nécessité, Jay faisait preuve d’une imagination sans borne pour improviser des dizaines de solutions à nos problèmes.
La démi-douzaine d’appareils que nous avions réussi à louer ne parvenait pas à couvrir nos dépenses. Au fur et à mesure que nos fonds s’amenuisaient, notre anxiété grandissait. Pour comble de malheur, notre franchiseur nous avertit que nous n’aurions aucun nouvel appareil avant un mois minimum.
(Voir lasuite prochainement)